A2 Street Art

Un échange avec A2 Street Art, l'artiste derrière les cœurs anarchistes qui parsèment la capitale.



(c) A2



Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Anarchiste, militant, parisien, pluriel.

Ni jeune ni vieux.


Peux-tu expliquer d’où vient ce visuel si distinctif, sa genèse ?

Il vient d’une visite à l’étranger, il était simpliste, je l’ai rendu plus “parisien” avec le temps.


Comment en es-tu venu à faire de l’art dans la rue ? Cela fait combien de temps que tu poses des cœurs anarchistes ?

Le cœur anarchiste depuis 2011 mais des tags de A depuis mon enfance.


Peux-tu parler de ta démarche en amont de l’intervention ? Comment tu travailles, à partir de quel matériau, qu’est-ce qui guide tes choix ...?

Oui, je repère des endroits puis je m’y rends la nuit, avec quelques improvisations. Je colle à Paris plusieurs matériaux et je tague en banlieue et province.

J’essaie de me mettre dans la peau des passant-e-s.


Est-ce que tu considères ton visuel de cœur anarchiste comme une signature ou un symbole ?

Il est forcément les deux à la fois mais je veux aussi faire exister le Barbanar et les portraits de Louise Michel.

Tout le monde, je crois, naît avec un cœur anarchiste.


Souvent tes visuels sont proches des Invaders, c’est volontaire ou vous êtes juste tous les deux sur les bons spots ?

Je suis à côté de lui sur environ 50 pièces sur 1600. C’est parfois un hasard (il vient aussi sur mes spots) et parfois symbolique. J’aime bcp son univers.


Tu arrives à poser dans des endroits relativement exposés, tu t’es déjà fait prendre ?

Oui, plusieurs gardes à vue et amendes. C’est un risque.


En quoi consiste le mouvement libertaire que tu promeus via tes interventions ?

J’essaie de propager une image positive de l’Anarchie pour casser les mauvais codes tenaces.


Quel est l’héritage de 1871 aujourd’hui selon toi ?

Pratiquement aucun depuis 1968. Tant que le peuple votera pour des bourgeois-e-s.


Pourquoi essayer de coller dans un maximum d’endroits, c’est une façon de se réapproprier l’espace public ? de se faire connaître ? de braver le système ?

Il y en aura 1871, c’est symbolique et c’est aussi pour les rendre visibles partout dans Paris.


Crois-tu que le street art soit toujours un mouvement contestataire ? ou qu’il l’a déjà été ?

Non il ne l’est plus depuis longtemps (sauf quelques exceptions) et c’est encore pire depuis que le street art est à la mode dans les médias ou les galeries.

Aujourd’hui c’est devenu une foire ou tou-te-s les artistes collent pendant 6 mois avant de se vendre en galerie, si tu rajoutes les opportunistes, copieurs, voleurs, escrocs, t’as un tableau bien dégueulasse. Si tu remues encore un peu avec les réseaux sociaux, ça devient limite gerbant.

Le graffiti est encore un peu préservé et tant mieux.


Est-ce que tu positionnes tes œuvres à l’instinct ou en anticipant tes interventions ?

Les deux. Je les note lors des balades et ceux risqués sont juste des petits défis.


Quelles émotions cherches-tu à faire ressentir à ton public, quelle réflexion provoquer ?

Ca, je n’en sais rien, je sais que je plais et énerve mais comme beaucoup je pense. J’espère qu’il change d’avis ou de point de vue sur l’anarchisme.


Le rapport avec le public n’est pas forcément direct quand tu exposes en extérieur, quel rapport tu entretiens avec le regard du public sur tes œuvres ?

Aucun, comme je suis et veux rester anonyme je n’ai pas ou très peu de retours sur leurs visions ou leurs sentiments. C’est peut être mieux ainsi ;)


Quelle est ton ambition pour les mois à venir ?

Pouvoir faire encore et encore la même chose sans me faire gauler par les condés ;)


Tu as des projets particuliers en cours ou que tu aimerais faire ?

Oui j’ai quelques grosses pièces à finir, je veux aussi refaire un pochoir de Louise Michel avec une nouvelle crête et faire un peu plus de Barbanar.



(c) A2



L’artiste vivant qui t’inspire le plus ?

Banksy, depuis le début.


L'emplacement dont tu es le plus fier ?

Sur un grand ministère, il a été enlevé depuis.



(c) A2