Kn Artwork


Discussion avec Kn Artwork, artiste se décrivant lui-même comme un expérimentateur et kiffeur en techniques artistiques.


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(c) Kn Artwork


Comment en es-tu arrivé à te consacrer à l’art ?

Grâce ou à cause d’un retour sur moi-même, j’ai commencé à peindre et sculpter le jour où j’ ai pris conscience que, dans la vie, je ne faisais pas ce que je voulais mais ce que je pouvais ou devais…. c’ est donc très égoïstement que je me suis mis à faire ce que je voulais.


Quelles sont les influences que tu utilises pour nourrir ton travail ?

Mes principales influences viennent de l’ enfance je pense ; la bd 70/80, les pochettes de disques, les films, séries et dessins animés… ce qui nourrit mon travail est plus une pulsion, une idée, une intention, une envie. Je traite peu de sujets réalistes, avec l’ abstrait je nourris mon travail à travers le passage à l’ acte, la pratique.


Depuis que tu as commencé à créer, ton style a évolué, quelles ont été tes différentes périodes ?

J’ ai un motif qui évolue dans son dessin et ses applications, il est cyclique et revient régulièrement. J’ ai plus l’impression de suivre un cycle que d’ évoluer. Il n’ y a pas de périodes distinguées mais des enchainements de séries, des œuvres uniques ou des récurrences comme les Dinosprays, par exemple. Je pense être toujours dans la même période, considérant que je suis toujours entrain de réaliser mes premières envies.


Parle-nous de ton processus créatif ...

J’ en ai plusieurs, tout dépend si je fais pour moi ou pour une commande. Cela peut dépendre aussi du matériel que j’ai sous la main. Toujours motivé par l’ envie, c’est ça qui va m’amener à me mettre directement sur ma peinture, mon dessin ou ma sculpture. Je passe par le croquis, en général, quand je peux pas faire la conception directement ou pour tester plusieurs versions d’un même projet. Je peux passer des nuits à dessiner des projets.



(c) Kn Artwork


Quelle est la part d’improvisation quand tu travailles dans la rue ?

A la bombe, je ne connais que mes couleurs et mon sujet… je sais pas comment je vais faire ni où, murs officiels ou pas, petit recoin ou gros spots. Parfois je sais avec qui…Jibé, les Wèkup… A la colle, je sais quoi et comment mais jamais où… au hasard de mon trajet ou en ballade, je vais coller sur le mur qui va le plus me plaire. Parfois je sais avec qui… Panpan, Fé Tavie… A la craie, c’ est vraiment au hasard du chemin et de la surface, et parfois je sais avec qui… Monsieur Depielli, les Blasés…


Est-ce que tu crées avant tout pour toi ou pour les autres ?

J’ ai commencé pour moi, c’est une démarche très personnelle. Je ne pense pas avoir un public et je ne vois pas ça dans ces termes là, « mes toiles sont un langage et je parle à ceux qui le comprennent », je parle à des gens, je ne répond pas à un public.


Je ne traite pas de sujets tendances ou d’ actualité, je fais très peu d’ icônes. Ce qui me plait beaucoup, c’est l’ appropriation que font les autres de mon travail. Que ce soit par leur interprétation, libre comme je n’explique jamais ce qu’il y a derrière mes créas, ou quand ils souhaitent les acquérir. C’ est le plus beau des retours, que ça dépasse un peu ma seule volonté et que ça plaise à d’ autres.


Cherches-tu à créer une interaction avec ton public pendant la performance ? Non, pour les mêmes raisons mais je réponds et donne facilement rendez-vous (à l’arrache et en speed en général) quand je vais peindre et coller. J’y vois des amis, des chasseurs, des collectionneurs, des amateurs, des artistes… les sorties se font soient seul, toi et ton mur, ou au contraire, en groupe, en famille… essentiellement pour partager le moment.


Quelles réactions ou réflexions cherches-tu à provoquer chez ton public ?

La libre interprétation et le coup de cœur sont les réactions que j’aime le plus. Et si il y a une réflexion ce serait : « On est tous des artistes, il faut juste s’y mettre…non ? »



(c) Kn Artwork


Lorsqu’une œuvre est posée en extérieur, on n’a pas forcément le retour du public, quel rapport tu entretiens avec le regard du public sur tes œuvres ?

Je pense que j’ai pu commencer à peindre quand je me suis détaché du regard extérieur et grâce à cette démarche qui m’était très personnel mais pas affective. J’ ai commencé le street art en offrant, abandonnant des sculptures dans la rue, je n’attendais pas de retours. Je ne visais pas un public mais les passionnés ou passants prêts à se déplacer ou le prenant au passage dans le meilleur des cas.


Pourquoi peindre dans la rue ?

Pour rendre hommage aux premiers peintres troglodytes, pour le sentiment de liberté totale malgré tout, pour le moment passé seul ou en groupe, pour les surfaces et les textures… pour le plein air, même en pleine ville.


Est-ce que la rue est pour toi un support ou bien est-ce que l’utilises comme un élément de composition à part entière ?

Oui, c’ est un support, le plus grand, le plus libre, le plus riche. Un terrain de jeu artistique, un jeu de piste, de découverte et de transformation.


Travailler dans la rue, c'est une façon de se réapproprier l’espace public et certaines libertés ?

Ou d’ exercer un devoir séculaire sans considérer les privations ou les interdits et un droit ancestral d’ expression… « écrire sur les murs ».



(c) Kn Artwork


Tu es en accord avec le terme de street art ? N’est-il pas dévoyé ?

C’ est une terminologie, elle me parait correcte dans la mesure où tu considères que tous les supports urbains ou architecturaux sont les supports du street art. « La rue » c’est l’ urbanisme à mon humble avis.


C’est quoi le message / la valeur du street art par rapport à la culture muséale ?

Le street art, c'est de l'action artistique urbaine. Par rapport aux musées, le street art permet la gratuité, le non-élitisme, le partage, l’ échange, l’immersion quotidienne, l’ éphémère, l’ anonymat, la liberté de création…


Ce mouvement, pour toi c’est une évolution ou une révolution ?

Une évolution, le mouvement artistique actuel qui veut être en galerie et rêve de musées.


Tes impressions sur l’avenir de l’art urbain ?

Avec les conditions actuelles, il faut s’ adapter, mais quand on veut peindre ou fabriquer, on trouve toujours des solutions. Parfois dans des conditions exceptionnelles on trouve des solutions exceptionnelles, hâte de voir la créativité des artistes s’exprimer à l’avenir.



(c) Kn Artwork


KN Artwork à la loupe


L'œuvre dont tu es le plus fier ?

Je ne ressens pas de fierté vis à vis de mon travail ni en général d’ ailleurs, mais je mettrai une mention spéciale à la série de bombes tentacules, pour la difficulté technique et la quantité de travail qu‘elles demandent.


(c) Kn Artwork


Peux-tu présenter et décrire une œuvre que tu as réalisée récemment ?

Voici une tentacule, sujet que j’affectionne particulièrement, chimérique, composée de différentes parties distinctes, flop en pointe, poil, visages, motif, tornade, nuages, bulles et gribouillis. Tentacule en boucle qui s’ affine et émerge horizontalement de la droite d’ un mur sous un balcon à lanternes rondes colorées. J ‘en ai plusieurs que je colle dans la rue. L’ idée s’est imposée quand j’ai commencé à faire des croquis de tentacules « poils », « gribouillis », « briques », « flop », etc., j’ ai tout de suite eu envi de tout mettre dans une seule.


L’artiste vivant qui t’inspire le plus ?

Il y a de nombreux artistes que j’ apprécie et cela varie en fonction de leurs domaines de création. Mais celui dont j’ apprécie vraiment le travail, les idées et la qualité des œuvres est sans nul doute Imbue.


Quelle est ton ambition pour les mois à venir ?

Comme la fierté, j’ai pas trop d’ ambition, ça n’est pas dans mes valeurs pour avancer, je suis pas en compétition et je n’ai pas de but ultime.


Qu’aimerais tu pour les mois à venir ?

Avancer sur l’ensemble des projets à venir, comme avec Kholab, qui me permet, par exemple, de travailler avec de supers artistes comme Kaldéa, Juce Gace, Oskunk… Continuer à faire ce que j’aime avec des gens cools et dont j’ apprécie le travail, avec un bon état d’esprit et une passion commune pour la création.